Où et comment pêcher le calmar dans le Morbihan ? Découvrez les meilleurs spots du Golfe à Lorient et les techniques de pêche à la turlutte.
Dès que l’automne pointe son nez et que les eaux se refroidissent, une effervescence particulière s'empare des quais du Morbihan. La traque des céphalopodes, et plus particulièrement du calmar (ou encornet), est une véritable institution dans la région. Que vous soyez un pêcheur chevronné ou un amateur à la recherche de sensations nocturnes, le Morbihan offre des terrains de jeu uniques, entre rias abritées et courants puissants. Du fond du Golfe aux grands ports de la côte ouest, voici le guide ultime pour réussir vos sorties.
Les meilleurs spots du Morbihan : Où jeter sa turlutte ?
Le Morbihan, avec son littoral très découpé et ses îles, regorge de zones propices aux céphalopodes. Les calmars aiment les structures, les courants et surtout la lumière artificielle qui attire le poisson-fourrage dès la tombée de la nuit.
Le Golfe du Morbihan et Vannes : Une configuration unique
Le Golfe est une immense mer intérieure où les courants forts apportent une nourriture abondante. C'est une zone de passage incontournable pour les bancs d'encornets.
Le Port de Vannes et la Presqu'île de Conleau : Les quais éclairés du port et les abords de Conleau sont d'excellents postes de repli. La lumière artificielle y maintient les bancs de lançons et de crevettes, la nourriture favorite des calmars.
Le Pont de Lorois (Rivière d'Étel) : Situé à la limite ouest du département, ce spot est mythique. Les puissants courants de la ria y concentrent les céphalopodes qui viennent s'abriter et chasser derrière les piles du pont à la nuit tombée.
La Baie de Quiberon et la rade de Lorient
Plus exposées mais terriblement prolifiques, les infrastructures portuaires de ces deux grands bassins accueillent des arrivages massifs de calmars en hiver.
Le Port de Kernével (Larmor-Plage / Lorient) : C'est le spot confortable et efficace par excellence. Les pontons et les digues éclairées offrent des zones de prospection faciles d'accès pour les pêcheurs de la rade.
Le Port de Haliguen (Quiberon) : Avancé en pleine mer, ce port est une véritable intersection pour les migrations de calmars. Les digues extérieures donnent d'excellents résultats dès que la mer commence à monter.
Pour piquer de l'encornet dans le Morbihan, oubliez les montages lourds. La subtilité et le choix du bon leurre (la fameuse turlutte ou egi) font toute la différence entre une bredouille et une glacière pleine.
La technique de l'Eging (Lancer-Ramener)
C'est la méthode moderne la plus dynamique. Elle consiste à lancer une turlutte plombée, à la laisser descendre près du fond, puis à l'animer par des tractions sèches du scion (les jerks) pour simuler la fuite d'une crevette.
Le bon matériel : Une canne légère de 2,10m à 2,40m avec une action de pointe douce pour ne pas déchirer les tentacules fragiles du calmar lors du ferrage. Un moulinet de taille 2500 garni de tresse fine (PE 0.6 à 0.8) pour bien ressentir les touches, qui se résument souvent à une simple lourdeur.
Le choix des couleurs : Dans les eaux du Golfe ou de la rade de Lorient qui peuvent être teintées, privilégiez les turluttes phosphorescentes (glow) ou de couleur rose/violette par nuit noire. Par eau claire ou présence de lune, les coloris naturels (bleu, vert, imitation sardine) restent redoutables.
La pêche à la bouée ou sous le flotteur
Plus traditionnelle, cette technique est parfaite pour prospecter les quais de Haliguen ou de Vannes en mode stationnaire. Un flotteur lumineux maintient une turlutte (parfois eschée d'un morceau de sardine ou d'un blanc de seiche) à une hauteur constante au-dessus du fond, au gré du courant.
Le facteur clé : Marées, météo et saisonnalité
Avoir le bon spot et le bon matériel ne suffit pas si le timing est mauvais. Dans le Morbihan, la pêche du calmar répond à des cycles précis qu'il faut impérativement respecter.
Quand programmer votre sortie ?
La saison : Bien que présents toute l'année, la pleine saison s'étend de septembre à janvier. C'est à ce moment que les plus gros spécimens (les "tubes" de plus de 40 cm) se rapprochent des côtes morbihannaises.
Le moment de la marée : Dans le Golfe et les rias, le moment idéal se situe souvent à la renverse de marée (pleine mer ou basse mer). Lorsque le courant faiblit, l'eau se stabilise, permettant aux turluttes de descendre correctement sans être emportées par le flot.
La météo : Fuyez les lendemains de grosses tempêtes ou de fortes pluies qui font dégorger les rivières (Blavet, Scorff, Étel) et rendent l'eau boueuse. Le calmar chasse à la vue : il a besoin d'une eau relativement propre. Une nuit calme, froide et sans vent est le scénario parfait pour une sortie mémorable sur les quais du Morbihan.
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